Influence des facteurs externes à l’apprentissage sur l’établissement des notes
Facteurs externes à la maitrise scolaire influençant l’établissement des notes
Différentes études empiriques référencées par Guskey et Link (2019) se sont basées principalement sur des enquêtes sur les pratiques de notation des enseignants. Elles révèlent que la plupart des enseignants utilisent une combinaison d’éléments cognitifs et non cognitifs pour établir les notes des élèves. C’est-à-dire que des éléments autres que la qualité de la production vont intervenir dans la note établie.
Des éléments tels que la perception de l’effort des élèves et le jugement professionnel des enseignants sur les capacités des élèves interviennent dans la détermination des notes.
Le terme facteur comprend les différentes sources de preuves que les enseignants prennent en compte et les jugements spécifiques qu’ils portent pour déterminer les notes attribuées aux élèves.
McMillan (2001) par exemple a fait la distinction entre les preuves de la réussite scolaire des élèves et la prise en compte par les enseignants de différents :
Facteurs scolaires :
L’effort
Les habitudes de travail
L’attention en classe
La participation en classe
Facteurs personnels :
Personnalité des élèves
Comportement des élèves en classe
Dans ses recherches, McMillan (2001) a mis en évidence que les facteurs scolaires étaient plus importants pour les enseignants dans l’attribution des notes que les facteurs personnels. Ce résultat a été reproduit dans d’autres études (Duncan et Noonan, 2007 ; McMillan et coll., 2002).
Danger de l’influence des facteurs externes à la maitrise scolaire dans l’établissement des notes
L’ensemble des facteurs sont comptabilisés par les enseignants de diverses manières en une seule note amalgamée, qui mélange les résultats et d’autres facteurs liés à l’effort, au comportement, aux attitudes et à l’amélioration.
La structure d’influence multidimensionnelle des notes peut être mise en lien avec la conviction des enseignants que la réussite scolaire inclut conceptuellement les comportements qui soutiennent et favorisent l’apprentissage.
Dans ce cadre, Randall et Engelhard (2010) ont constaté que les croyances des enseignants quant aux comportements qui favorisent le mieux l’apprentissage sont importantes. Elles influencent leurs attributions des notes, en particulier lorsqu’il s’agit de déterminer les notes limites.
L’importance accordée à ces comportements dans la détermination des notes des élèves varie considérablement d’un enseignant à l’autre, même s’ils ont des missions d’enseignement similaires au sein d’une même école. Par ailleurs, des recherches antérieures ont montré que les différences entre matières sont relativement modestes ou inexistantes.
Le danger lié à cette confusion de notation apparait dans le contexte d’évaluations à enjeux élevés dont l’objet devrait être de mesurer uniquement la maitrise scolaire des élèves. Avec la même quantité d’apprentissages un élève peut réussir et un autre peut échouer en fonction de facteurs personnels ou scolaires indépendants. De même suivant l’enseignant qui détermine la note, un même élève peut réussir chez l’un et échouer chez l’autre.
Cette combinaison de variables relatives aux résultats de l’élève et aux processus peut produire une pollution des notes. Dès lors, les notes des élèves ne représentent pas exactement la maitrise de l’enseignement. Cela limite pour les élèves, les familles et les autres parties prenantes du système éducatif l’obtention d’informations valables concernant les résultats scolaires.


