Les difficultés liées à la diffusion de l’innovation
Le processus de diffusion de l’innovation a été décrit par Everett M. Rogers (2003).
Il ne suffit pas d’apporter la preuve qu’une approche éducative ou une pratique d’enseignement soit plus efficace que ce qui est actuellement mis en œuvre pour qu’elle soit naturellement diffusée et adoptée dans de nombreuses écoles.
La mesure dans laquelle la diffusion et l’adoption se produiront dépend d’une foule de développements, de paramètres et de facteurs connexes.
L’ensemble de ce processus est connu sous le nom de diffusion de l'innovation ou de transfert de technologie. Ce concept peut faire référence à la propagation de nouvelles idées, de technologies, de produits manufacturés, de programmes de prévention, de traitement ou de pratiques fondés sur des preuves.
L’élaboration et la conception d’interventions éducatives efficaces ne sont que la première étape vers l’amélioration effective et l’obtention d’un impact à large échelle. Transférer des interventions efficaces dans des contextes réels et les y maintenir est un processus compliqué. Cette démarche se poursuit dans une perspective à long terme. Il exige de traiter efficacement les phases progressives et complexes de la diffusion et de la mise en œuvre d'interventions.
Ces phases comprennent :
La diffusion : elle concerne l’accès, la qualité et la disponibilité de l’information sur l’existence et la valeur d’un programme proposé à des adoptants potentiels.
L’adoption : elle rend compte de la décision d’une organisation ou d’un groupe local de tester effectivement le nouveau programme
La mise en œuvre : elle concerne le degré de qualité de la mise en œuvre du programme pendant la période d’essai.
La durabilité : elle représente le maintien et la fidélité au programme au fil du temps.
Pour que de nombreuses personnes puissent bénéficier d'un programme d’intervention, l’opération ne peut pas être unitaire.
Chaque étape du processus, de la diffusion à la durabilité doit être réussie dans chacun des différents établissements concernés.
Cet élément de prise en compte de l'échelle locale est crucial. Il existe un écueil très bien documenté. La recherche indique que la diffusion d’interventions efficaces tend à produire généralement des rendements décroissants à mesure que le processus se déroule et s’étend.
Pour diverses raisons, les informations sur les interventions efficaces peuvent ne pas parvenir à de nombreux établissements. Lorsqu’elles le font, seuls certains membres d’un établissement peuvent être motivés pour essayer quelque chose de nouveau.
De nombreux programmes d’interventions innovants rencontrent des problèmes de mise en œuvre qui diminuent l’impact. Les moyens alloués aux premières mises en œuvre tendent à être amoindris au fur et à mesure (par exemple, moins d'accompagnement, moins de formations, moins de suivi).
De plus, un nombre relativement peu élevé d’interventions sont maintenues dans le temps, indépendamment du succès obtenu pendant une période de démonstration. L'effort qui permet la durabilité est souvent négligé.


