Penser les relations entre enseignants et élèves à l’échelle de l’école
Un enseignement efficace peut être décliné sous forme de pratiques et de modèles. Derrière celles-ci se trouvent des connaissances et de compétences qui peuvent être enseignées, modélisées, pratiquées délibérément, maîtrisées et pour une part automatisées.
En parallèle, il existe des comportements qu’adoptent les enseignants qui sont plus intangibles et correspondent à des connaissances et compétences biologiques primaires. Il est plus complexe d’enseigner, car elles correspondent plutôt à un apprentissage naturel ou adaptatif. Ce sont toutes les interactions sociales qui forment la base des relations entre un enseignant et ses élèves.
Il est difficile de décrire objectivement le comportement associé à un enseignement efficace même si les pratiques et les modèles peuvent le guider. En effet, même si on peut transmettre des techniques d’enseignement efficaces, on ne peut pas aussi aisément enseigner aux gens comment se comporter avec les autres.
La personnalité, le comportement, les expériences préalables et la manière dont l’enseignant interagit avec ses élèves influent sur leur probabilité de réussite de l’enseignement, de la pratique ou de la stratégie adoptée. Cependant, il est difficile de définir le comportement d’un enseignant efficace, car sa personnalité, le contexte, le profil des élèves et la culture des écoles interfèrent également. Tout au plus pouvons-nous mettre en évidence quelques facteurs.
Il y a une certitude. La réussite scolaire et le comportement des élèves sont tous deux influencés par la qualité de la relation enseignant-élève (Algozzine, Wang, & Violette, 2011).
Lorsqu’il est demandé aux élèves ce qui rend un enseignant spécial et digne de respect, ils citent systématiquement trois caractéristiques (Noguera, 1995) :
La fermeté
La compassion
Un style d’enseignement intéressant, engageant et stimulant.
Cette description correspond au style de parentage démocratique.
Étant donné la spécificité de ces relations et de ces attentes, les enseignants peuvent privilégier l’adoption de comportements simples et routiniers qui auront un impact positif sur les relations.
Les comportements des adultes qui construisent les relations comprennent :
La communication en privé, à proximité de l’élève
L’écoute
Le contact visuel
Un ton de voix agréable
Les sourires
La politesse
L’utilisation des noms ou prénoms des élèves
La clarté des attentes et consignes
Ces comportements peuvent exprimer de la chaleur humaine, de l’attention et une préoccupation sincère pour les élèves tout en communiquant du respect et en conservant une position d’adulte responsable.
L’adoption systématique par les enseignants de ces comportements améliore pour les élèves :
L’affect (état émotionnel) des élèves :
La probabilité qu’ils disent qu’ils aiment l’école ou leur enseignant, qu’ils développent un sentiment d’appartenance.
La conformité et l’engagement :
La probabilité qu’ils fassent ce qu’on leur demande, qu’ils adoptent les comportements attendus et qu’ils s’engagent dans les tâches d’apprentissage
L’apprentissage et la réussite scolaire.
Non seulement ces comportements adultes ont un impact sur les relations, mais ils préparent également le terrain pour interagir efficacement avec les élèves et leur donner une véritable rétroaction. À ce niveau, le respect d’un taux élevé de renforcement positif face aux remarques négatives envers chaque élève est lui-même important.
Wong et Wong (2005) décrivent les enseignants qui maitrisent ce type de comportements comme « intentionnellement invitants ». Leur attitude professionnelle montre qu’ils considèrent les élèves comme capables, valables et responsables.
À l’échelle d’une école, dans la perspective d’approches systémiques liées à la gestion du comportement, il est utile de se poser la question des attitudes généralement adoptées par les adultes au sein de l’école :
Comment les enseignants procèdent-ils pour établir des relations positives avec leurs élèves ? :
Quels sont les comportements ou pratiques utilisées actuellement et que nous souhaitons conserver, généraliser ou enrichir ?
Quels sont les comportements nouveaux ou trop rares que nous souhaitons promouvoir ou développer ?
Y a-t-il des comportements, contraires à ceux-ci ou néfastes, que nous voulons voir disparaitre ?
Tout le personnel de l’école utilise-t-il des comportements adultes responsables et positifs lorsqu’il interagit avec les élèves ?
Comment pouvons-nous partager, soutenir, promouvoir et diffuser auprès du personnel les comportements à privilégier envers les élèves ?


