Varier le contexte d’apprentissage, une dimension de la pratique espacée
Augmenter le bénéfice de la pratique espacée demande une certaine variété dans les tâches et dans les questions, de manière à approfondir les apprentissages et à enrichir la disponibilité d’indices de récupération pertinents.
À côté de ce besoin de variation interne, intrinsèque aux tâches, existe un besoin de variation externe dans les conditions de pratique qui répond à des impératifs différents.
La mémoire sémantique demande de se détacher du contexte
Le passage de la mémoire épisodique vers la mémoire sémantique est nécessaire pour rendre flexibles et transférables les apprentissages. Il est corroboré par différentes recherches.
Lorsque nous apprenons quelque chose, un certain contexte, le fait que des neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble, comme l’énonce la loi de Hebb, peut aussi avoir un effet négatif sur le transfert des apprentissages.
Les neurones de contexte auront tendance à se connecter aux neurones de l’apprentissage à réaliser.
Prenons par exemple le fait d’apprendre l’addition, une procédure donnée comme la résolution d’un problème stœchiométrique ou d’une équation du second degré. Le fait que cela se déroule, en classe, à un certain endroit, avec un certain type d’éclairage, dans un certain état émotif et avec un état d’esprit n’est pas neutre. Cela rendra plus probable la réactivation des connaissances apprises dans ce même contexte.
En effet, parfois, pour se souvenir d’une information oubliée, il suffit de penser au contexte dans lequel nous l’avons apprise.
Steve Masson (2020) fait l’écho d’une étude remarquable de Godden et Baddeley (1975) :
Ces chercheurs avaient demandé à des participants d’apprendre une liste de mots dans deux environnements nettement différents : sous l’eau et sur la terre ferme.
Leurs résultats ont montré qu’il est plus facile de se rappeler des mots appris sous l’eau lorsque nous sommes ensuite sous l’eau plutôt que sur la terre ferme.
Inversement, il est plus facile de se souvenir des mots appris sur la terre ferme lorsque nous sommes sur la terre ferme plutôt que sous l’eau.
Nous pouvons en conclure qu’il est plus facile de réactiver les connaissances apprises si nous nous trouvons dans le même contexte que celui dans lequel l’apprentissage a été réalisé.
Il s’agit d’un problème qui porte en lui-même sa propre solution. Le transfert nécessite de décontextualiser les apprentissages de conditions environnementales elles-mêmes où ils ont été originellement acquis.
Varier les contextes d’apprentissage
Le fait d’étudier dans le même contexte environnemental peut aider les élèves à se réserver du temps pour étudier et à adopter des routines. Toutefois, cela peut aussi leur donner un faux sentiment de fluidité et de familiarité lorsqu’ils réétudient des matières antérieures.
Lorsqu’ils étudient dans un nouveau contexte environnemental, certains des indices qui étaient présents dans le lieu précédent sont absents, ce qui peut réduire l’accessibilité ou la familiarité de l’information.
Comme dans le cas de l’espacement, il semble contre-productif de rendre l’apprentissage plus difficile. Cependant, le fait de réétudier avec de nouveaux indices rend le rappel ultérieur de l’information plus probable. C’est d’autant plus le cas qu’il est très peu probable que les élèves puissent toujours étudier dans le même environnement que celui dans lequel ils seront testés.
Par conséquent, dans le cadre d’une étude espacée, il est intéressant de le faire dans différents environnements.


